

La série de J.K Rowling avait atteint des ventes phénoménales en librairie. Avec "L'école des sorciers", la recette prenait au cinéma. Retour sur la genèse du projet.

Harry (Daniel Radcliffe) et Ron (Rupert Grint)
Décembre 2001. "Harry Potter", apprenti sorcier, champion toute catégorie des ventes en librairie - 100 millions d'exemplaires en 46 langues-, s'affranchit du papier. Son nouveau défi, le grand écran.

Pour réaliser le film, plusieurs noms circulent : Robert Zemeckis, Terry Gilliam et Steven Spielberg. A la surprise générale, Chris Columbus ("Maman, j'ai raté l'avion") décroche la timbale. Avec un pointilleux souci du détail, il va mettre en images le monde imaginé par J.K. Rowling. "C'est ma fille Eleanor qui m'a obligé à le lire. Je l'ai dévoré. Je n'avais ensuite qu'une idée en tête : l'adapter au cinéma !" D'abord nerveux, le réalisateur laise sa passion le guider : "Je me suis rendu compte qu'avant de réaliser ce film, je n'avais jamais vu en couleurs, ma vie a changé !" Pas seulement la sienne !

Choisi pour prêter ses traits à Harry, Daniel Radcliffe, 11 ans a l'époque, voit son destin prendre une tournure inespérée. Son compte en banque aussi : il partage avec le prince William le titre de jeune homme le plus fortuné de Grande-Bretagne ! S'il a déjà participé au tournage de "Le tailleur de Panama" avec Pierce Brosman, le garçon suit le même parcours que les 70 000 postulants au rôle. "Lorsque j'ai appris que j'étais choisi, j'en ai pleuré", se souvient Daniel. Emma Watson et Rupert Grint, qui avait déjà séduit les Anglais dans "Annie" et "Peter Pan", lui prêtent main forte dans les rôles d'Hermione et Ron.

Ce casting anglais est une des conditions dictées par J.K. Rowling. Au départ, cette romancière écossaise ne souhaitait pas voir son oeuvre adaptée à l'écran. Elle demandera à avoir un regard sur l'adaptation. Mais, au bout du compte, J.K. Roxling se déclare satisfaite du film. Ce premier volet fut aussi l'occasion de mettre en place un plan marketing parfaitement orchestré. Le 1er janvier 2001, douze mois avant la sortie, le public découvre le visage de Daniel. Trois mois plus tard, le premier teaser est diffusé sur Internet.

Début mai apparaît la première affiche. Enfin, des marques comme Mattel ou Electronics Arts créent des figurines, des jeux vidéo...
Dès le jour de la sortie, c'est le raz de marée. Le film rapporte 780 millions d'euros, figurant en quatrième position au box-office mondial de tous les temps ! Logiquement, les épisodes s'enchaînent depuis : le cinquième sera sur nos écrans en juillet.

Durant le tournage, un chapeau de sorcier et trois pièces de monnaie ont été dérobés puis mis en vente sur Internet. La même chose s'est produite pour la suite, "La chambre des secrets", où des photos de promotion ont été volées avant que les producteurs ne les enferment à double-tour dans un coffre.
